L'homme augmenté conduit-il au transhumanisme ?

Paru aux Editions Parole & Silence, 2016

Le concept d’ « homme augmenté » est ancien : toute technologie peut en effet être vue comme une augmentation de l’homme. Mais « l’accélération exponentielle » de la technologie, l'apparition du domaine « NBIC » (nanotechnologies, biologie, informatique et sciences cognitives), ses progrès spectaculaires, sont à la fois fascinants et inquiétants. Le mouvement transhumaniste propose plus qu’une « simple » augmentation et amélioration des capacités de l’homme : il s’agit d’échapper à la nature et de construire une nouvelle humanité. Pour dépasser les limites du corps – sa faiblesse, sa mortalité – le transhumanisme explore les hypothèses de la création d’un nouveau corps, organique ou inorganique. 
Sommes-nous suffisamment clairvoyants pour nous améliorer nous-mêmes ? La vision transhumaniste est marquée par la performance mesurable et par l’individualisme. Ces critères simplistes de ce qui constitue l’humanité posent tout de suite des questions sur la dimension sociétale de cette évolution, ainsi que sur une conception du bonheur et de la réussite qui réduit l’homme à un automate. 
Il n’est pas facile de trouver les modalités qui peuvent permettre un encadrement normatif du progrès, alors que la science moderne est un processus « distribué » reposant de plus en plus sur un principe d’expérimentation et d’émergence. Cet ouvrage contribue à l’engagement des intellectuels dans le débat sur l’orientation éthique des recherches en vue d’augmenter les capacités des hommes.

Contributions de Jean-Michel BESNIER, Philippe CAPELLE-DUMONT, Yves CASEAU, Jean-Pierre DUPUY, Olivier ÉCHAPPÉ, Thierry MAGNIN, Michel MORANGE, Bruno PINCHARD